17
Juillet
2017

Zoom sur « Prima Mater »

Nicolas Antona et Chiara Di Francia lèvent le voile sur le tome 1 de la série « Prima Mater »

Nicolas, sans trop dévoiler l’intrigue, pouvez-vous nous parler de votre album ?

Prima Mater évoque le mythe des sorcières. Nous avons imaginé avec Chiara ces ensorceleuses recluses dans notre monde actuel. Elles sont sous le joug d’un sceau, qui ne leur permet pas d’exploiter pleinement leurs capacités, mais qui s’affaiblit. Des luttes internes font que leur dirigeante, la Prima Mater Théodora, est contrainte d’engager un bras de fer avec l’humanité pour récupérer la place qui est la leur. Théodora est d’une nature pacifiste mais se rend bien compte que les humains ont oublié les anciennes croyances et méprisent la nature dont elles sont si proches. La confrontation est donc proche mais elles doivent avant tout récupérer l’entièreté de leurs pouvoirs.

Quelles idées avez-vous voulu développer en abordant ces/cette thématique(s) ?

J’aime l’idée d’une bande dessinée d’aventure intelligente qui puisse nous faire réfléchir à des thèmes importants comme l’écologie, la différence… en toute modestie bien sûr ! J’essaie de créer des histoires pour tous, que j’aimerais lire, tout simplement.

Comment vous est venue l’idée ?

Pour Prima Mater, j’ai d’abord écrit la missive que Théodora envoie à ses congénères. J’ai toujours été attiré par ce mythe. On a toujours en tête le cliché de la sorcière avec son balai etc… Nos sorcières sont des femmes fortes qui se battent sans concession pour leurs convictions, de vraies femmes modernes !

Quelles ont été vos sources d’inspirations pour cet album ?

J’essaie un maximum de ne pas être influencé lors de l’écriture car je ne veux surtout pas faire de copié collé. Malgré tout je voue une admiration particulière pour l’œuvre de Marion Zimmer Bradley sur le cycle d’Avalon.

Parlez-nous de votre/vos héroïne(s).

Comme je vous l’ai dit j’ai essayé de faire de mes héroïnes, des femmes fortes, prêtes à tout pour arriver à leur fin. Certaines font partie d’une frange dure comme la Mater Yu Linn et d’autres comme la Mater Mateja restent fidèles aux préceptes de Théodora. Mais, sans rien révéler, le jeu de dupes commence et bien malin qui sait comment cela se terminera.

Derrière la Prima Mater se retrouvent six Mater qui sont en charge des jeunes pousses sorcières sur les différents continents. Même si leurs pouvoirs sont restreints, elles enseignent aux jeunes filles, chez qui elles ont décelé une connexion particulière avec la nature, les rudiments de l’art de la sorcellerie.

Qui sait si un jour je ne conterai pas leurs aventures individuelles…

Dans votre précédent album « NIHASA », il est aussi question de magie /sorcellerie. Bien que cette thématique soit traitée en thème de fond dans ce dernier, peut -on penser qu’elle soit moteur chez vous ?

Très honnêtement, il s’agit d’un hasard, d’une coïncidence de projets acceptés. Dans Nihasa il s’agit d’une toile de fond pour un thriller ésotérique. Prima Mater, c’est plutôt Spartacus au féminin !

Quelles sont les étapes du travail de scénariste ?

Pour Prima Mater comme pour mes autres BD, j’écris d’abord la totalité de mon histoire, vous comprenez donc que la fin de Prima Mater est déjà gravée dans le marbre ! Je pense ensuite de manière plus approfondi mes personnages ce qui me permet d’étoffer le fil de l’histoire. Une fois cette phase terminée, cela donne une nouvelle d’environ 80 pages, je découpe cela en plusieurs parties/moments clés, en séquences puis en nombre de planches. Nous sommes arrivés sur des tomes de 46 planches.

Et votre collaboration avec Chiara ?

Il est extrêmement facile de travailler avec Chiara. Outre nos origines méditerranéennes communes et son grand talent, elle s’est tout de suite imprégnée de l’histoire. Je lui laisse d’emblée une liberté de création quasi-totale quant à ses planches. Je lui fais la description d’une séquence en tant de planches avec ce que l’on doit voir, les personnages, des indications particulières et les dialogues. Je lui dis qu’une séquence doit faire X planches et c’est parti. Elle me propose son storyboard et on discute par la suite mais les retouches sont assez peu nombreuses ! J’aime laisser cette liberté à mes dessinateurs car je veux qu’ils apportent leur vision. Je n’aime pas l’idée d’être dirigiste, c’est peut-être mon histoire à la base mais ce sera surtout NOTRE bande dessinée à la fin

Et vous, Chiara, Comment avez-vous rencontré Nicolas Antona ?

J'ai connu Nicolas par le biais des Éditions SYEL. La maison d'édition m'a envoyé un projet qu'elle pensait correspondre à mon trait : « Prima Mater ».

Déjà à la première lecture, le projet m'a conquise tout de suite, c’est ainsi que ma collaboration avec Nicolas a commencé.

Qu’est-ce qui vous a séduite dans le scénario ?

Les histoires qui parlent de sorcières m'ont toujours fasciné. L'opposition entre les sorcières, forces de la nature et les hommes du monde moderne m'intrigue. Je pense que ceci est un sujet très actuel.
En lisant les premières pages de l'histoire, j'ai tout de suite aimé les personnages décrits par Nicolas. L'histoire est riche de personnages féminins forts et intéressants, ils ont tout de suite pris vie dans mon esprit.

Où puisez-vous votre inspiration ?

Pour la création des personnages, mon inspiration arrive principalement du cinéma et des séries télévisées, je finis instinctivement toujours par associer le visage d'un acteur ou d'une actrice aux personnages que je suis en train de dessiner. Quelquefois mes personnages me viennent de gens croisé par hasard qui ont capturé mon attention ou qui restent gravés dans ma mémoire.

Les lieux dans « Prima Mater » ont l’air très documentés. Est-ce le fruit de longues recherches ?

Beaucoup des lieux de « Prima Mater » sont des lieux réels : Notre Dame, l’Elysée, Myasnoy Bor et d’autres nombreux encore.

La recherche était longue, même si une partie de la documentation m’a été fournie directement par Nicolas avec les pages de scénario, cela m’a beaucoup aidé.
La phase de recherche est une partie du travail très amusante pour moi. En cherchant la documentation j’ai la matière pour commencer à raisonner sur les champs et sur les vues qui me serviront. Du coup quand je commence à dessiner j’ai déjà les idées assez claires sur ce qui m’intéresse de montrer et de raconter.

Quelles sont les étapes du travail d’illustration ?

Après avoir lu le scénario, je commence à réaliser un storyboard digital de la page (très détaillé), celle-ci est une partie du travail à laquelle je dédie toujours beaucoup de soin et sur laquelle je m'arrête plus longtemps.
Une fois le storyboard/crayon-digital approuvé, j’imprime le fichier en cyan avec une taille supérieure (jusqu'à le format A3).

À ce stade je procède directement à l'encrage des planches au stylo et encre... et je finis par la colorisation que je réalise sur ordinateur avec Photoshop.

Et votre collaboration avec Nicolas ?

La collaboration avec Nicolas a été vraiment agréable. J'aime beaucoup sa manière d'écrire et raconter, elle stimule mon imagination et j'ai de suite trouvé très naturel de traduire son scénario en images.

Prima Mater, Tome 1 : « L’avènement de la Reine »
Sortie prévue : Novembre 2017
Crédits photo : Chiara Di Francia

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